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Une époque formidable
Douce, Blanche, Belle et Rose se
préparent comme des automates chaque matin pour se rendre à leur
travail. Tailleurs stricts, ongles peints, petits sacs identiques, les
voilà derrière leur machine à écrire, à papoter, s’observer les unes,
les autres, se critiquer à la moindre occasion. Bref, la vie de bureau.
Douce n’a pas une existence très épanouie, Belle est un peu portée sur
le sexe, Blanche un peu boulimique et Rose d’un tempérament fragile.
Dans le monde du travail, la rémunération des femmes est considérée
comme salaire d’appoint et leur emploi moins valorisant que celui des
hommes. Alors on le sait, elles doivent se battre bien plus que ces
messieurs pour s’imposer. Du coup et c’est logique, quand l’ombre d’une
restriction de personnel arrive, la bataille éclate féroce, les clans
se forment et la plus faible sera éliminée. C’est évidemment la pauvre
Rose qui en paiera les pots cassés.
Certes, les situations sont poussées au paroxysme pour nous faire rire
mais cette satire cache (hélas) une certaine vérité. C’est cruel,
grinçant, dérangeant. Les quatre interprètes ont une belle énergie.
Elles défendent leur personnage avec conviction et drôlerie. La mise en
scène d’Esther Bastendorff vive et inventive est menée tambour battant.
On souhaite à la compagnie ’Les Quatr’Elles’ d’attirer un large public,
elle le mérite.
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