Compagnie Les Quatr'elles

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16 novembre 2006

Flyer Hard Copy Beaujon

NOUVEAU_FLY_BEAUJON_001

Posté par okonomiyaki à 17:30 - HARD COPY - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Bonsoir !
Je viens d’assister à l’une de vos représentations d’Hard Copy, et j’en ressors fort enthousiaste !
Durant la pièce, j’ai été emporté dans des sentiments les plus divers (parfois même contradictoires). Je ne sais par où commencer tant il y a à dire !
Et bien commençons chronologiquement par le début.
Le début, justement, est un absolu régal. Cet espèce de clip introduit tout à la fois les personnages et les comédiennes dans une séquence virtuose dont les Quatr’Elles ont le secret. Un vrai bonheur. Et par ailleurs – même si le spectateur l’ignore encore à cet instant – c’est le seul moment de la pièce où les personnages sont posés sur un pied d’égalité. Quand ce « générique » se termine, le spectateur a pris connaissance des personnages, mais de manière encore superficielle, ce qui permet de réserver tout le suspens pour la suite.
La première scène est l’amorce du crescendo de la tension sous-jacente de la pièce. En fait, le déséquilibre n’est pas réellement marqué, sinon par l’ordre dans lequel les personnages arrivent au bureau qui suit la hiérarchie de l’entreprise (sous réserve de ma douteuse mémoire). Ce tout petit déséquilibre s’accroît lorsque Rose doit aller chercher café et courrier. Mais ce n’est rien, encore, que ce petit trouble, qui est vraiment minime. Et pourtant, c’est le commencement insidieux du cauchemar de Rose. L’évolution (vers le bas) de ce personnage est constante : quiproquo verbal, dénigration physique (à plusieurs reprise), vol de dossier, coup de fil « saboté », tout les moyens sont bons pour faire de Rose un bouc émissaire. Mais là où c’est terrible, c’est que l’on a beau constater que la situation empire pour cette pauvre Rose, on reste à l’écoute de Douce, Blanche et Belle. Ainsi, l’humour est très présent, mais un humour noir, acerbe, blessant (et qui, pire que tout, rappelle la réalité quotidienne du spectateur) qui fait que je suis souvent resté souriant sans oser rire (surtout qu’on aperçoit la souffrance de Rose du coin de l’œil). Et puis tout s’accélère et c’est le drame. On se rend compte de la situation, mais il est trop tard. Le venin s’est insinué, et les résolutions sont prises : il faut tuer Rose. Ha mon Dieu ! Je suffoque ! Quel horrible moment ! Jusqu’au bout j’aurai cru à un deus machina, à un retournement de situation en faveur de Rose ! Mais non, la fin de la pièce est (comme la réalité) cruelle. Cette fin paroxysmique m’a épouvantée. En fait, c’est sûrement le meilleur de toute la pièce, avec le début. D’ailleurs, ça m’a tellement scotché que je n’ai pas applaudi autant que j’aurai voulu.
Enfin, je n’ai parlé que de la lente et sûre décadence de Rose, mais il est bien d’autres thèmes transversaux qui sont abordés avec justesse. En vrac : les panneaux qui représentent les personnages, ou du moins ce à quoi ils pensent. En voilà une de trouvaille ! Et bien exploitée qui plus est : Celui de Rose fini même par être retourné et on ne voit plus que sa silhouette tracée à la craie, ce qui présage bien du triste sort qui attend Rose (oui mais ça je m’en rend compte que maintenant – je dois être un peu lent). D’ailleurs c’est Douce qui le retourne, et c’est elle qui portera le coup fatal. Ce panneau rappelle également les espaces que chaque employé se constitue dans son bureau en le personnalisant.
Et puis, brièvement, parce qu’il en a vraiment beaucoup à dire, j’ai aimé les diversités d’opinion sur les château de la Loire (prouve la curiosité intellectuelle de Rose et installe le phénomène de l’hypocrisie muette), j’ai aussi apprécié les quatre personnalités bien différentes, la nuance que vient apporter Blanche (là je me perds dans les noms des persos mais je veux parler du personnage joué par Emilie Jourdan qui se rapproche de Rose, la prend en pitié, jusqu’au point limite où elle abandonne de la rejoindre tout à fait). J’ai adoré la proximité avec la réalité (c’est flippant, d’ailleurs), la peur d’être viré, l’hypocrisie, le boss tout à la fois déifié et tourné en ridicule. Avec le recul (de 2 heures…), cette pièce me rappelle Antigone : une tragédie dans laquelle, quoi que l’on fasse, le destin est écrit, la mort est inéluctable.
Je sens qu’on pourrait faire une thèse sur cette pièce, mais comme tel n’est pas l’objet de ce message, je vais me contenter de remercier tous les « acteurs » (au sens large) qui ont permis à ce spectacle de voir le jour devant mes yeux étonnés, et d’ainsi me donner l’occasion de passer une très agréable soirée. Merci, donc, et bonne continuation !

Posté par Sia, 22 novembre 2006 à 00:23

Je souhaitais juste rebondir sur le commentaire qui a été fait précédemment, et notamment sur la relation Rose – Blanche.
Pour moi, tout dérape dès lors que Rose lance son expression de « mère et putain » (expression que je méconnaissais, mais qui s’avère bien existante après vérif). Avant cela, elle occupait des tâches à moindre responsabilité (servir le café et aller chercher/distribuer le courrier) peut-être tout simplement parce que son poste au sein du groupe l’exigeait. Ainsi, d’une certaine manière, l’égalité entre les différentes protagonistes n’était pas encore brisée.
Mais dès lors que Rose a choqué ses trois collègues, elle devient la cible de remarques mesquines. Et encore, tout le monde reste soft, tant Rose essaie de s’expliquer. Rose disparaît ensuite (chez le directeur). A cet instant, le schéma relationnel entre les quatre femmes place Rose en bas de l’échelle, car son intervention malhabile n’a pas été totalement occultée par ses explications (pourtant claires).
Alors arrive à son secours Blanche, une première fois, et malgré elle. En reportant les remarques nuisibles sur elle (après avoir relaté ses BA du week-end), elle les détourne de Rose. Cette dernière est définitivement mise hors d’atteinte et appuyée par Belle. L’inégalité est alors en défaveur de Blanche.
Cette dernière se doit, pour sauver sa place, de faire pencher la balance. La cible de ses médisance est toute trouvée : l’absente, c'est-à-dire Rose (c’est toujours plus facile de casser du sucre sur le dos des gens quand ils sont partis). Pour ce faire, elle introduit l’histoire de l’odeur. Rose ne sentirait pas la rose (jeu volontaire d’Isabelle Sorente ???). Du coup, Rose descend dans les sondages de popularité à une vitesse folle, ce qui permet à Blanche de revenir dans le groupe. Evidemment, Cette dernière veille à bien « enfoncer le clou » de manière à annihiler complètement la réputation de Rose, et d’ainsi préserver la sienne.
Quand Rose revient, toute la suite est écrite, décidée et fatale.
Bien sûr, il y a la tentative de sauvetage par Blanche, mais elle intervient trop tard, et entre le camp des injustes forts et celui des incompris faibles, le choix est vite fait.
Finalement, le personnage de Blanche est central, et très intéressant, du fait qu’il est la part de doute, de hasard, d’ambiguité, d’incertitude qui caractérise toute situation réelle (dans la vie, rien n’est tout blanc ou tout noir).
Sans « faire une thèse sur cette pièce », il serait intéressant de s’y pencher avec davantage de précision. Mais cela nécessite, soit d’avoir une excellente mémoire (dont je suis dépourvu), soit d’avoir le texte… Ce dernier est publié chez Acte Sud (se trouve-t-il aisément ? et si oui, où ?) Sans compter que lire le texte permettrait de faire la distinction entre l’œuvre et l’interprétation (difficile en effet de saisir la frontière entre les deux, même si l’on perçoit indubitablement une interprétation « puissante »).
Bon courage aux Quatr’elles que j’espère revoir prochainement sur les planches !

Posté par chris, 30 novembre 2006 à 01:17

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